Chapitre 4 – Ceux qui parlent le plus de créativité ne sont pas les plus créatifs

Dans un univers de plus en plus complexe, nos décideurs politiques peinent à proposer des alternatives réellement innovantes à nos problèmes et paraissent confinés à un rôle de gestionnaires. Alors que le besoin de meilleures solutions n’a jamais été aussi pressant, les enjeux si complexes, les débats si polarisés autour d’un ensemble limité d’options, influencées par les discours simplificateurs, mais alors aussi que des solutions créatives émergent qui mériteraient d’être déployées, quels sont les freins à plus d’innovation politique ? Pour comprendre où meurent les idées originales en politique, regardons d’abord ce qui empêche les acteurs principaux du système d’« imaginer ou construire et mettre en œuvre des concepts neufs, des objets nouveaux ou [de] découvrir des solutions originales à des problèmes », soit une définition possible parmi d’autres de la créativité ? Nous verrons que :

  • Si les attentes à leur égard sont fortes, les principaux acteurs politiques – nos institutions nationales et européennes, partis, syndicats, associations, lobbys, think tanks… – ne sont pas conçus pour porter l’innovation.
  • Les principaux freins à notre imagination collective ne sont pas du ressort de l’un de ces acteurs en particulier, mais nécessitent une prise de conscience collective et une action globale : penser neuf en politique est intrinsèquement difficile ; le populisme dicte l’agenda politique, aidé en cela par certains médias et les réseaux sociaux ; les approches innovantes et l’écoute citoyennes sont trop souvent gadgétisées ; et, face à ces dérives, nous manquons tous d’audace.

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