Chapitre 1 – Le changement, c’est pour quand ?

La créativité est sur toutes les lèvres, des entrepreneurs, des experts, mais aussi des élus, des partis, des groupes de réflexion politique et des commentateurs politiques. Tous parlent de « nouvelles solutions », « d’innovation », de « changement ». De fait, pourquoi se porterait-on candidat, si ce n’était, s’agissant des sortants, pour poursuivre les réformes entamées et, pour les challengers, pour en faire de nouvelles ? L’idée même d’entretenir un statu quo paraît bien peu « bankable », la situation étant presque toujours présentée comme insatisfaisante. Promettre le changement, c’est, a priori, promettre une amélioration. Tout candidat s’en fait donc le chantre, quelle que soit sa position sur l’échiquier politique. Le changement et la nouveauté sont ainsi un thème récurrent des slogans des campagnes présidentielles de la Ve République, aux côtés des termes incontournables que sont la « France », la « force », ou « l’union ». Jusqu’au fameux « Le changement, c’est maintenant » de François Hollande de 2012, qui suggérait que le changement, on l’avait assez promis, son heure était venue. Promesse non tenue, mais diagnostic pertinent, car :

  • La promesse de changement revient telle une antienne dans les discours des campagnes électorales des neuf dernières élections présidentielles.
  • Déçus par le manque de résultat et le décalage entre la promesse d’un monde meilleur et la réalité, les électeurs restent pourtant en attente de nouveauté et confiants en l’action politique. Ils attendent toutefois que leurs dirigeants démontrent leur capacité à faire émerger des solutions réellement innovantes.

Le changement n’a jamais été aussi urgent.

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